Les faits constitutifs de harcèlement moral peuvent-ils se dérouler sur une brève période ?

OUI : dans un arrêt en date du 26 mai 2010, la Cour de Cassation considère qu’en retenant que les faits dommageables, qu’elle constatait souverainement, ne caractérisaient pas un harcèlement moral à l’égard de la salariée dès lors qu’ils s’étaient produits sur une très courte durée (du 21 septembre au 6 novembre) , la cour d’appel, qui a ajouté à l’article L. 1152-1 du code du travail une condition qu’il ne pose pas, a violé le texte susvisé.

En l’espèce, pour rejeter la demande du salarié en paiement d’une somme à titre de dommages-intérêts pour harcèlement moral, l’arrêt retient que s’il a été rétrogradé et mis à l’écart à partir du 6 novembre 2006, si des menaces ou des propos dégradants ont pu être tenus par l’employeur à son égard au cours de la seconde semaine après la reprise et principalement lors d’un entretien le 21 septembre 2006, ces événements qui se sont déroulés au cours d’une très brève période de temps, compte tenu des arrêts maladie postérieurs à la reprise, sont insuffisants pour caractériser un harcèlement moral.

En statuant ainsi, la cour d’appel qui, d’une part, a ajouté au texte légal une condition qu’il ne prévoit pas, et, d’autre part, n’a pas pris en compte l’ensemble des éléments établis par le salarié parmi lesquels les documents médicaux relatifs à une altération de son état de santé, a violé les textes susvisés.

SOURCE : Cour de cassation, civile, Chambre sociale, 26 mai 2010, 08-43.152, Publié au bulletin

 

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